Newletter N° 4 - Mars 2005
Ushuaia, sud de la Patagonie argentine.
Nous voilà, dans notre «autre vie », celle qui se passe sur la mer, loin de la forêt mais toujours aussi proche des splendeurs que sait offrir notre «merveilleuse maman la Nature».
La journée commence comme un beau jour d'été à Ushuaia. Fond de l'air plutôt frisquet, un peu de vent sur le Beagle, allées et venues des annexes entre les bateaux au mouillage, et, sur le bord de mer, rumeurs nerveuses des voitures de cette ville qui, perdue entre canaux et montagnes, s'agite toute seule au bout du monde.
|
Pour nous ce matin, c'est la corvée. La coque du bateau, aprés des mois de stationnement dans la baie d'Ushuaia, est sale: algues en tout genre, anémones colorées. Superbe, mais pas tellement fonctionel. Ne croyez pas trop ceux qui disent qu'ici rien de pousse. Non! Il faut caréner.
Alors que, vautrés dans la boue de la marée basse, nous frottons allégrement le ventre du bateau, un ami nous lance un joyeux : «voilà bien du travail inutile!»
Il en a de bonnes!
Il y a quatre heures de nous nous démenons dans la patouille. Je ne sens plus mes mains glacées, j'ai sacrément mal au dos, et trois mètres carrés de jardin sous-marin me narguent encore de leurs luxuriantes diversités. Mais notre ami poursuit un sourire aux lévres : «vous partez en Georgie du Sud! Un bateau a besoin d'un équipage et j'ai pensé à vous. Vous avez trois heures pour faire vos sacs!»
Oh formidable ami, quelle excellente nouvelle!
|
Le temps d'une douche (chaude la douche), de sauter dans nos bottes et nos cirés, d'attraper gants, écharpe, cache-nez, bonnet, polaire et sac de couchage, nous sommes à bord de «Pélagic».
Cap sur la Georgie du Sud, cap sur la zone antarctique.
Sud : comme ce mot nous fait rêver depuis des années!
Traversée sans probléme, une semaine de vents modérés, au portant, avec quelques accélérations passagères (40 ou 50 noeuds), juste pour nous rappeller la latitude: 54° sud.
Notre arrivée se fait de nuit, entre l'île aux côtes sans lumière et les iceberg étincellants qui montent la garde sous les étoiles. Nous l'abordons par le sud par une brise légère et un froid implacable qui raidit nos épaules. Aprés avoir contourné les récifs et remonté un fjord, nous mouillons à l'aube, aux pieds de montagnes et de glaciers qui tombent directement dans la mer. |

 |
Là-bas, sur un bout de plage, des silhouettes se meuvent et crient dans la pénombre. J'ai déjà envie de débarquer, mais il faut dormir un peu. Demain – non - tout à l'heure, nous poserons le pied sur l'une des îles les plus sauvages du monde.
|
|
|
Où se trouve la Georgie du Sud? A suivre...
Jéromine
|
Des nouvelles de l'association Chaveta dans la newsletter de www.chaveta.org
L'actualité de Jéromine Pasteur dans la newsletter de www.jerominepasteur.com
|
|
© Mars 2005 - Textes et photos Jéromine Pasteur (sauf mention contraire)
Reproduction interdite - Réalisation JP-LO-JF
|
|
|
Vos commentaires