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Tant vaut l’homme, tant vaut la chose
«Tant vaut l’homme, tant vaut la chose», disait mon grand-père. Et c’était vrai. J’ai rencontré des «capitaines» sans noblesse et des «matelots» au coeur de chevalier. Ceux que l’argent rendait méprisables, et d’autres qui bâtissaient du bonheur avec un sou. Mon grand-père ajoutait aussi : «Errare humanum est», car il était bon et généreux. Et moi, je l’écoutais avec fascination. Un jour, j’avais douze ans peut-être et mon frère seize mois de moins – oui, j’ai un frère, Fabrice, j’y arrive –, avec un boucher de ses connaissances, mon grand-père découpai un veau sur un étal installé pour l’après-midi. De la belle viande de charolais allait remplir le congélateur pour des mois. A tout instant de sa vie, mon grand-père sortait de sa poche le Laguiole que je lui connaissais et l’aiguisait de ce geste que, de lui, j’avais appris à mon tour.
Extraits de "Et sur les rives de ma vie..." Jéromine Pasteur Editions Arthaud
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